Je veux pas mourir avant d’être morte.

Le titre de l’œuvre provient d’une citation du film de Jacques Deray, “La maladie de l’amour”, sorti en 1987. Une réplique de Nastassja Kinski (Juliette) à Michel Piccoli (Raoul Bergeron) traduisant sa volonté de ne plus poursuivre les soins contre la maladie de Hodgkin qui se développe rapidement dans son corps.

Je n’ai pas vu le film, cependant, cette réplique forte, transgénérationnelle, appartient à tous dont la volonté de vivre est plus absolue que la mort.
En gravant cette réplique sur du Tetra Pak, support fragile, et en la soumettant à la pression répétée de la presse, ainsi qu’un rude encrage, se joue une lutte entre résistance et survie de la matière. Des lettres puis des mots disparaissent peu à peu par frottement, usure, avant de céder à la dernière couche de carton, vidée de toute expression. Ainsi, de la première à la dernière impression, toute une existence laisse son empreinte avec parfois des sursauts visuels de noir profond, s’illuminant comme une rage au temps. – Au total 42 impressions réalisées en août 2019, toutes différentes par leur usure mais identiques dans la démarche, au format 38 x 30 cm sur papier Zerkall 250g. –